" Je suis intervenu pour parler de l’histoire de la Fasti. J'ai également pris la parole pour évoquer la question des travailleurs saisonniers de l’agriculture. En effet, les évènements d’El Ejido, en Andalousie (Espagne) ont révélé, à l’opinion publique, l’exploitation inhumaine dans l’agriculture d’une main d’œuvre immigrée. Les émeutes racistes d'El Ejido, la répression féroce ont fait prendre conscience d’un esclavagisme moderne.
L’APTI, dans les années 70/80, a soutenu les grandes luttes des saisonniers dans la région. A Nîmes nous avons déclenché avec les travailleurs tunisiens une grève de la faim victorieuse au bout de treize jours. Suite à cela l’ensemble des problèmes liés a l’immigration ont explosé. Les problèmes du racisme, les logements , les contrats saisonniers de l’époque, le droit de vote, la suppression des Centres de rétention, l’égalité des droits, etc nous ont mobilisés pendant des années, mais nous ont éloignés des travailleurs agricoles.
Aujourd’hui le CODETRAS des Bouches-du-Rhône (13) qui regroupe les associations comme Nafadji Pays d’Arles, Asti de Berre, Cimade, la "Conf", MRAP 13, la LDH, Forum Civique Européen, etc, ont mené des actions pour lutter contre le contrat OMI (Office des Migrations Internationales).
Ce contrat OMI a mis à jour l’exploitation des salariés agricoles : obligation de faire des heures supplémentaires souvent non déclarées, sous payées, absence de convention collective, absence de visite médicale, mise à disposition d’un salarié chez un autre employeur, pas de repos hebdomadaire, non respect des conditions de logement, parfois ni eau ni électricité comme au Gourbi près de Marseille .
Aujourd’hui pour lutter contre cet état de fait, il faut que les Asti de la région s’organisent comme dans les années 80 en Urasti pour soutenir de façon solidaire et efficace les actions commencées par le CODETRAS avec les travailleurs saisonniers et dénoncer le contrat OMI qui les maintient dans une situation indigne d’un pays de droit."