21ième congrès de la Fasti à Caen du 17 au 20 Mai 2007
40 ans après, quelle solidarité au quotidien ?

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Renaud Savéan du Comité pour l'Annulation de la dette du Tiers Monde

"Le CADTM est un réseau d'associations locales. Il y en a 22 dans le monde et nous avons des partenaires dans 54 pays. Les principaux objectifs que nous poursuivons sont l'annulation de la dette et l'arrêt des plans d'ajustement structurels" explique Renaud Savéan. Au cours de son intervention, Renaud a analysé les discours des institutions financières comme le FMI et de la Banque Mondiale.

« Dans les années 60-70, le discours médiatique tournait autour du Développement. "On vous prête de l'argent pour que vous vous développiez." Derrière cette idée, souligne Renaud, il y a avait celle que chaque dollar prêté devait revenir et si possible avec les intérêts. Mais l'aide publique a tout de suite été dévoyée notamment avec le mécanisme de l'aide liée : Je te prête mais tu m'achètes mes marchandises.

Renaud Savéan du CADTM

Puis l'aide au développement est entrée dans une seconde phase marquée par la crise de la dette. Les taux d'intérêts ont été multipliés par trois. Et là, certains pays, comme le Mexique par exemple, ne pouvaient plus rembourser… Ca c'est passé en 1982. Les pays étaient alors piégés par leurs dettes.

Le FMI et la Banque Mondiale vont alors décider de sauver les créanciers privés qui voyaient leurs remboursements menacés. Puis pour s'assurer que les pays pauvres allaient rembourser, les bailleurs internationaux ont imposé aux pays endettés des programmes d'ajustement structurels (privatisation, plans d'austérité...) et fait signer, aux dirigeants des pays du Sud, des lettres d’intention dans lesquelles ils s’engageaient à suivre les ordres et à rembourser la dette. La situation continuant à se dégrader pour les peuples…

Dans les années 90, constatant que la pauvreté s'aggravait toujours, le discours des institutions internationales évolue et désormais c'est sous le drapeau de la lutte contre la pauvreté présentée comme "un frein au développement" selon ces mêmes institutions internationales que continue la politique de prêts et d’ajustements structurels. Cela permet surtout d'éviter de se poser la question du développement, souligne Renaud… Cette politique a désormais pour cadre ce qui s’appelle « l'initiative PPTE ( Pays Pauvre Très Endetté » engagée en 1996 à Cologne. Tout ça, explique Renaud, n’étant qu’une vaste opération de communication de la part des pays riches qui se montrent généreux entre guillemets pour dire "nous allons rendre la dette soutenable. On va favoriser le remboursement de la dette en annulant quelques créances…

S'il fallait ne se souvenir que d'une chose, souligne enfin Renaud, c'est que pour un dollar emprunté en 1980, le Sud a remboursé 11 dollars et en doit encore 5… (les chiffres sont exprimés en dollars constants). Et cela sans compter les futurs intérêts cumulés…

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