21ième congrès de la Fasti à Caen du 17 au 20 Mai 2007
40 ans après, quelle solidarité au quotidien ?

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Discours d’introduction au 21ème Congrès de la Fasti par Geneviève Mabboux, présidente de l’Asti 14

Tous les membres de l’Asti du Calvados sont heureux de vous accueillir. Heureux n’est pas le mot adéquat. Disons que nous nous sentons confortés, rendus plus forts par la présence à Caen, pendant quatre jours du Congrès National de la Fédération des Astis de toute la France et de cela : merci.

Nous sommes tous conscients de la gravité de la situation politique. J’ai entendu par hasard, un petit morceau du discours du nouveau président de la République, Place de la Concorde, le soir de son élection. J’y ai entendu un hymne à « l’ordre moral ». Ordre moral entre guillemets qui rappelle de biens sinistres souvenirs…

En 1871 (je l’ai appris à l’école) le retour à l’Ordre Moral qui suivit la Commune de Paris. 1940, je l’ai vécu ; j’ai eu entre les mains les beaux papiers barrés de bleu blanc rouge annonçant la Révolution nationale de Pétain : Travail Famille Patrie. C’était beau. On a vu la suite. Ce sont les juifs étranges qui ont été les premiers vendus à l’Allemagne.

L’apparition du Ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration ouvre tous les dangers. Faire des lois sociales pour une partie majoritaire de la nation en en excluant une partie de ses habitants : cela s’appelle faire du national socialisme. C’était le parti allemand durant la montée du nazisme en Allemagne.

Et bien sûr, dans de tels partis, les premiers exclus sont toujours les étrangers. C’est donc nous les premiers qui devront monter au créneau si nous ne voulons pas laisser faire.

Pour cela, il faut créer des solidarités plus fortes. Une solidarité locale avec les collectifs de défense s’ils existent. Réveiller la société civile et avoir des contacts forts avec les collectivités locales partantes. Mais je pense que malgré tout, nous serons malgré tout perdant. Il faut dépasser le local pour aller au régional. Mais là aussi, nous risquons d’être perdants. Il faut aller au national. Toutes les Astis, ensembles dans le même combat – en utilisant Internet, le fax, le télégramme, lettres, téléphone, manifestations et actions en tout genre dans chaque département – et ceci pour défendre un militant de la défense des étrangers en danger devant la justice ou le ministère de l’Intérieur.

- Le Nord, l’Est, l’Ouest défendant un militant de Marseille ou Bordeaux, tous ensemble.
- Pour défendre un étranger en danger
- Tous ensemble pour défendre une famille, permettre à un couple de se marier
- Tous ensemble pour s’élever, comme à Caen, contre le fait qu’un enfant puisse, nouveau-né, être placé à la Ddass parce qu’un Préfet a jugé bon de renvoyer dans son pays, le Maroc, le futur Papa et conjoint, laissant la maman, Française, dans un désarroi dont elle ne se remet pas….

Ne laissons pas les administrations préfectorales détruirent des vies. Rendons les responsables nommément des dégâts qu’ils provoquent. Demandons leur publiquement des comptes.

Mais pour cela il faut mener le combat ensemble, qu’on ne puisse attaquer une Asti sans que toutes se sentent attaquées.

Il faut mettre au point une stratégie de combat qui ne soit pas seulement une stratégie de défense, mais aussi une stratégie d’avancée dans le Droit des Etrangers… Pas à pas, même si ces pas sont très petits et semblent à certains bien loin de ce qu’ils auraient rêvé…

Pour finir, il nous faut regarder encore plus loin. Il souffle sur l’Europe un vent malsain, parfois ignoble. Il est urgent de créer des liens ou de développer ceux qui existent déjà avec ceux qui mènent les mêmes luttes dans les différents pays d’Europe et de créer des contacts avec les députés européens et avec certains groupes du Parlement européen…

Et maintenant, au travail… Et sans être payé, en plus !