Du fonctionnement du siège de la Fasti
un avis sur les enjeux, les difficultés et les pistes de solutions
Ces deux dernières années, les salarié·e·s de la Fasti ont dû faire face à une de ces crises qui secoue régulièrement la fédération. Il a fallu tenir, tant bien que mal, et faire face aux difficultés financières et structurelles de la fédération en comptant sur un nombre relativement réduit de bénévoles.
Lorsqu’il y a plus de 40 ans les Asti ont décidé de se doter d’une structure fédérale, il paraissait évident que l’objectif était avant tout de s’unir afin de tenir bon selon le vieil adage « l’union fait la force ». Le mouvement associatif a évolué et même si cela fait débat encore aujourd’hui, nous avons acquis la conviction qu’un siège ne pouvait fonctionner autrement qu’en s’appuyant sur le travail de salarié·e·s militant·e·s, ayant des compétences spécifiques et une bonne connaissance non seulement du mouvement des Asti mais également des enjeux nationaux et supra-nationaux.
Ainsi, à notre avis, le profil type du·de la salarié·e de la Fasti est celui d’un·e coordinateur·trice, militant·e, ayant en externe un bon sens de la communication, maîtrisant les enjeux en terme d’actions partenariales, doté de connaissances techniques (informatique, comptabilité) et d’une culture politique. Elle·il doit être apte à tisser des liens, à construire des ponts entre les différent·e·s acteurs·trices du réseau et savoir identifier des personnes ressources pour les solliciter en intégrant le nécessaire équilibre entre vie professionnelle, vie privée et engagement politique. En interne le·la salarié·e doit être apte à accomplir son travail de : mobilisation des bénévoles; diffusion d’informations; d’organisation de rencontres, de formations ou de tout autre type d’évènements, dont il peut avoir la charge d’assurer l’animation.
Ce profil de poste ne peut fonctionner que dans une situation normale. Car l’exigence augmente en situation de crise. Pire, la crise génère très rapidement la démobilisation de nombreux·ses bénévoles mais également de certain·e·s membres du Bureau National. Celles·ceux-ci, investi·e·s d’une tâche particulièrement complexe, restent des bénévoles dans leurs Asti respectives mais endossent le rôle d’employeur·euse quand ils·elles arrivent au sein des instances fédérales.
Au-delà de la difficulté de trancher des points politiques parfois obscurs voire abscons - en lien, par exemple, avec les enjeux européens ou internationaux- ce rôle d’employeur·euse implique la mise en place et la garantie d’un cadre de fonctionnement du siège.
Très concrètement, l’année qui vient de s’écouler, un partie du BN démissionnaire n’a plus donné signe de vie, une partie a réagi sporadiquement aux sollicitations du siège, ce qui dans le fonctionnement actuel est extrêmement problématique, des décisions urgentes engageant la survie de la fédération ayant dû être prises. Les salarié·e·s ont eu bien souvent le sentiment qu’ils devaient être les garants du cadre juridique et procédurale de la fédération. La troisième partie du BN restée active, et reposant sur quatre personnes tout au plus, a été surexploitée, ceci entraînant bien souvent des incompréhensions et des mélanges de genre tout à fait regrettables. L’expérience vécu par le dernier secrétaire général a prouvé si besoin était qu’un Bureau National démissionnaire (c’est-à-dire une instance qui n’exerce pas ses prérogatives de contrôle des projets, actions et comptes) mène invariablement à de grandes difficultés. Tant et si bien que le travail de mobilisation et de soutien des Asti a été totalement sacrifié à la « lutte » pour la survie financière de la fédération. Rappelons ici que la Fasti est une fédération qui travaille avec, par exemple la Cimade, la LDH, Amnesty International mais qui ne compte que trois salarié·e·s et demi, celles·ceux de ses partenaires se comptent en centaines... Il est donc urgent de re-penser la stratégie financière de la fédération afin de renforcer l’équipe. Tant que nous serons si peu nombreux nous ne pourrons faire que de l’à peu près.
Les Asti étant très diverses en terme d’activités, d’orientations et d’objectifs il est primordial de permettre à chacune de trouver sa place dans le mouvement, sans jugement. Il est également primordial que la fédération reste un espace de liberté pour les Asti, qui sont parfois tenues de « mesurer » leurs positions au niveau local (subventions municipales, régionales…) mais qui trouvent dans la Fasti un espace où les revendications peuvent être plus radicales. Quoiqu’il en soit la Fasti doit rester un espace de débat, d’ouverture sans positionnement dogmatique qui ne représente pas une entrave pour les Asti. Nous devons non pas nous diviser sur des questions politiques mais bien nous unir autour de celles et ceux dont nous nous affirmons solidaires : les migrantes et les migrants.
Même si les relations BN/salarié·e·s ont toujours été plutôt empreintes de confiance, il est primordial que la mise en place d’un cadre plus formel se fasse le plus rapidement possible. Aussi il nous semblerait important de co-rédiger une charte de fonctionnement du siège, de mettre en place des procédures. Et ce afin de rétablir une hiérarchie normale des reponsabilités et des légitimités pour donner au BN, qui sera élu à l’issue de ce Congrès, la maîtrise des orientations dans un cadre opérationnel clair.
équipe des salarié·e·s
Fasti-paris