Ensemble
pour le droit
des migrant·e·s
Notre congrès met en exergue une notion que nous devons avoir l’exigence de définir clairement. Depuis plus de 4O ans, notre réseau se développe, s’implique et organise ses actions autour de ce thème. Cependant, dans le contexte actuel, il nous faut redéfinir nos positions. En effet, qu’entendons nous par droit des migrant·e·s ? Cette question ouvre un vaste débat ! Si l’on prend le terme de « Droit » dans son sens le plus large on peut le considérer comme l’ensemble des dispositifs règlementaires d’un État s’appliquant sans distinction, individuellement ou collectivement, aux femmes et aux hommes résidant sur son territoire. Alors pourquoi un droit particulier pour les migrant·e·s ? Depuis l’ordonnance de 1945, légiférant l’arrivée d’une main d’oeuvre étrangère importante, en provenance de nos anciennes colonies et qui participera largement à la reconstruction de notre pays, de nombreuses lois ont profondément remanié ce dispositif notamment après la fermeture des frontières en 1970. Toutes ces mesures ayant pour but de s’adapter à certains intérêts économiques particuliers sans, pour autant, tenir compte des conséquences sur la situation des personnes concernées. Les dernières lois (3 en 5 ans ) inscrites dans le CESEDA (Code l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) ont remplacé le concept de « Droit » par celui de « peut » . Elle nous place dans un dédale de dispositions législatives et règlementaires rendant possibles tous les débordements arbitraires et répressifs ! Pouvons-nous par conséquentnous en tenir à ces soi-disant droits pour infléchir et agir dans tous ces domaines avec justice et efficacité ? Certainement pas car leur application estjudicieusement utilisée par le pouvoir en place pour
- Diviser les migrants en « bons et mauvais », en nouveaux·elles arrivant·e·s et déjà installé·e·s,
- Trier les migrant·e·s sur des critères de rentabilité et de néocolonialisme,
- Faire peser sur elles·eux une chape de plomb en matière de suspicion les traquer pour semer la terreur, les condamner dans le monde du travail à une exploitation éhontée dans tous les domaines , les humilier, les persécuter, les enfermer, y compris les enfants, sans aucun état d’âme, les expulser dans des conditions inhumaines.
Nous ne devons pas tomber dans ce piège et mener notre lutte sur le terrain que le pouvoir a construit. Soyons clairvoyant·e·s. Ne nous laissons pas enfermer dans une logique qui n’est pas la nôtre. Non, le CESEDA, n’est pas une base juridique mais un outil de non-droit, le droit des migrants reste à conquérir. Notre lutte est politique, interpellons nos élu·e·s, la société civile pour dégager d’autres rapports de force afin d’inverser la descente aux enfers qui est le sort de tout·e·s celles·ceux qui au péril de leur vie sont arrivé·e·s sur le sol français pour échapper à la misère, à la guerre, aux persécutions ou qui, tout simplement sont venu·e·s parce qu’elles·ils ont fait ce choix.
Simone RIVOLIER
Présidente de la FASTI - ASTI d'Issy-les-Moulineaux